16 January 2026
Découverte

Bintou Keita alerte l’ONU : « La paix en RDC reste une promesse »

  • octobre 2, 2025
  • 3 min read
Bintou Keita alerte l’ONU : « La paix en RDC reste une promesse »

La situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) demeure explosive malgré les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies. Mardi 30 septembre 2025, lors de la 10 008ᵉ séance consacrée au dossier congolais, la représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU et cheffe de la MONUSCO, Bintou Keita, a dénoncé avec force le décalage entre les engagements pris à New York et la réalité tragique que vivent les populations sur le terrain.

Selon Mme Keita, les décisions du Conseil de sécurité peinent à se traduire par des avancées concrètes. « Il existe un écart persistant entre les résolutions adoptées et la réalité sur le terrain », a-t-elle martelé, mettant en lumière l’inefficacité des mécanismes de mise en œuvre.

En effet, la résolution 2773 du 21 février 2025, qui exigeait le retrait immédiat de l’AFC-M23 des villes stratégiques comme Goma et Bukavu, ainsi que la fin de son administration parallèle, reste largement ignorée. Huit mois plus tard, non seulement le mouvement rebelle n’a pas cédé, mais il a consolidé son emprise. Pire encore, plus de 7 000 nouvelles recrues ont été intégrées dans ses rangs depuis février, renforçant son potentiel militaire.

Au-delà des chiffres froids, c’est l’ampleur du drame humain qui inquiète. Depuis le mois de juin, 1 087 civils ont été tués dans l’Ituri et au Nord-Kivu, un bilan macabre qui ne cesse de s’alourdir. Ce carnage, selon la cheffe de la MONUSCO, illustre le retard criant dans la mise en application des engagements internationaux. Elle rappelle que « la paix en RDC reste en grande partie une promesse », une phrase lourde de sens qui résonne comme un désaveu vis-à-vis des efforts diplomatiques restés lettre morte.

Face à ce tableau alarmant, Bintou Keita n’a pas seulement pointé du doigt les lenteurs onusiennes. Elle a également exhorté les dirigeants congolais et régionaux à assumer leurs responsabilités. Elle plaide pour un cessez-le-feu durable, un accord politique inclusif, mais aussi une lutte ferme contre les discours de haine qui alimentent les tensions intercommunautaires.

Par ailleurs, elle a invité les populations locales à rejeter la désinformation et à ne pas propager les rumeurs qui fragilisent encore davantage la cohésion sociale.

Les propos de la cheffe de la MONUSCO interviennent alors que l’Est congolais reste le théâtre d’une compétition géopolitique féroce, où s’entremêlent la convoitise des ressources naturelles, l’ingérence de groupes armés étrangers et les faiblesses structurelles de l’État congolais. Plusieurs diplomates présents à la réunion ont reconnu, en aparté, la difficulté de traduire les résolutions en actions tangibles, notamment en raison du manque de volonté politique et des divergences au sein du Conseil de sécurité.

Dès lors, l’appel de Bintou Keita sonne comme un cri d’alarme : sans un engagement ferme, coordonné et sincère de la communauté internationale, les populations de l’Est de la RDC continueront de payer le prix fort de l’inaction.

LA RÉDACTION

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