Rumeurs sur des décès d’étudiants à l’ISTA démenties : des blessés pris en charge et des tensions persistantes sur les frais académiques
Le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Thérèse Sombo, a tenu à mettre fin à des rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, selon lesquelles des étudiants seraient décédés lors des récentes manifestations à l’Institut Supérieur des Techniques Appliquées (ISTA). Selon la ministre, « aucun étudiant n’est décédé », précisant que, contrairement aux informations diffusées, trois étudiants ont été blessés et sont actuellement sous prise en charge médicale appropriée.
Cette clarification est intervenue après un climat tendu à l’ISTA, où des étudiants, mécontents de l’instauration d’une majoration des frais académiques et de l’obligation de régler les paiements en dollars américains pour l’année académique 2024-2025, ont décidé de manifester leur mécontentement le 24 février 2025. Les manifestations ont pris la forme de protestations violentes, avec des étudiants brûlant des pneus tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du campus, créant une situation de chaos dans l’enceinte de l’institut.
La principale source de mécontentement réside dans l’augmentation des frais de scolarité, une décision jugée inopportune par une majorité des étudiants, déjà confrontés à des difficultés économiques exacerbées. La nouvelle politique, qui impose également que tous les paiements soient effectués en dollars, a été perçue comme un contraire à la réalité socio-économique du pays, où une grande partie de la population, y compris les étudiants, lutte contre la fluctuation des prix et les difficultés d’accès aux devises étrangères.
Le choix du dollar a notamment provoqué une levée de boucliers, dans un contexte où la monnaie locale, le Franc Congolais, est régulièrement dévaluée, rendant le financement des études de plus en plus inaccessibles pour une partie des étudiants. Les manifestants estiment que cette décision détériore les conditions d’études et risque de limiter l’accès à l’enseignement supérieur à ceux qui ne peuvent pas se permettre de payer en devises étrangères.
Cette situation met en lumière les problèmes structurels qui affectent les universités publiques du pays. Les revendications étudiantes concernant la hausse des frais de scolarité et les conditions de financement ne sont pas nouvelles, mais elles ont pris une ampleur particulière dans ce contexte de crise économique et sociale qui touche de nombreux étudiants. La gestion des ressources de l’enseignement supérieur devient de plus en plus délicate à l’heure où les subventions de l’État sont limitées, forçant les institutions à chercher d’autres moyens de financement.
Face à ces tensions, l’intervention de Thérèse Sombo, ministre de l’Enseignement supérieur, a été cruciale pour rétablir un certain calme et dissiper les informations erronées concernant la gravité des événements. Cependant, la question de la majoration des frais académiques et des modalités de paiement reste un sujet sensible qui nécessitera une réflexion plus approfondie de la part des autorités pour éviter de nouveaux troubles dans les mois à venir.
En attendant des décisions concrètes, les étudiants de l’ISTA continuent de remettre en cause les choix financiers imposés, exprimant une inquiétude croissante quant à leur avenir académique. Tandis que le gouvernement tente de maintenir l’ordre au sein des institutions publiques, il apparaît nécessaire de repenser les politiques financières dans le secteur de l’enseignement supérieur afin d’assurer un accès équitable à l’éducation pour tous les étudiants, indépendamment de leur capacité à payer en devises étrangères.
LA REDACTION
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