29 July 2026
Société

RDC – Audition à la Cour militaire : L’escorte de la Première ministre mise en cause dans une affaire d’homicide

  • avril 15, 2025
  • 3 min read
RDC – Audition à la Cour militaire : L’escorte de la Première ministre mise en cause dans une affaire d’homicide

L’affaire qui secoue les hautes sphères sécuritaires de la République Démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape ce lundi, avec l’audition du commissaire supérieur adjoint Olivier Kanza devant la Cour militaire de Kinshasa-Gombe. Responsable de la sécurité rapprochée de la Première ministre Judith SUMINWA, ce dernier est poursuivi, aux côtés de six autres éléments de son équipe, pour des faits graves, notamment la violation de consignes opérationnelles et l’homicide du policier de la circulation routière Fiston Kabeya.

Devant la barre, Olivier Kanza a formellement nié toute implication dans un quelconque acte de brutalité ayant conduit au décès de l’agent incriminé. « Le policier Fiston Kabeya avait insulté la Première ministre (…) C’est pour cette raison, qu’après avoir conduit la Première ministre à la Primature, nous sommes revenus pour le conduire à l’autorité compétente, en la personne du commissaire supérieur Banga, pour l’auditionner car il s’était rendu coupable d’une infraction flagrante, en l’occurrence l’outrage. Il était monté dans la jeep sans que quelqu’un ne le brutalise ou ne le blesse », a déclaré le commissaire Kanza dans une déposition défensive empreinte de gravité.

Ce témoignage intervient alors que la justice militaire cherche à établir les circonstances exactes ayant mené à la mort tragique de Fiston Kabeya, un agent en service au sein de la police de circulation routière. Selon l’accusation, il existerait des éléments laissant penser que le défunt aurait été victime de violences physiques lors de son interpellation par l’équipe d’escorte sécuritaire de la cheffe du Gouvernement. Une hypothèse catégoriquement rejetée par l’accusé principal.

En toile de fond, cette affaire soulève des interrogations majeures sur les rapports entre les forces de l’ordre et les agents en charge de la sécurité des autorités politiques. La ligne de démarcation entre respect de la hiérarchie institutionnelle et excès de zèle opérationnel semble ici remise en question, d’autant plus que l’élément déclencheur de l’interpellation aurait été une invective adressée à la Première ministre.

Ce dossier judiciaire très suivi par l’opinion publique soulève également des enjeux de gouvernance sécuritaire et de discipline au sein des forces de police. La Cour militaire devra, dans les jours à venir, examiner les dépositions des autres prévenus ainsi que les preuves matérielles et médicales susceptibles de faire la lumière sur les causes du décès du policier Kabeya. La défense plaide pour un acte légal motivé par une infraction flagrante, tandis que le ministère public soupçonne des actes de violence ayant potentiellement entraîné la mort.

Il convient de noter que les cas d’abus ou d’usage disproportionné de la force par certains éléments de la police ont déjà été dénoncés à plusieurs reprises dans le pays. Ce procès pourrait donc faire jurisprudence et constituer un signal fort en matière de responsabilité individuelle, même au sein des dispositifs sécuritaires proches des plus hautes autorités.

Alors que l’instruction se poursuit, l’enjeu est de taille : rendre justice dans une affaire sensible où s’entrecroisent respect de l’autorité, droits humains et transparence des institutions républicaines.

LA REDACTION

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