29 July 2026
Découverte

Crise sécuritaire dans l’Est de la RDC : Félix TSHISEKEDI échange avec Olusegun Obasanjo sur les mécanismes régionaux de paix

  • juin 26, 2025
  • 3 min read
Crise sécuritaire dans l’Est de la RDC : Félix TSHISEKEDI échange avec Olusegun Obasanjo sur les mécanismes régionaux de paix

La capitale congolaise a une nouvelle fois servi de théâtre diplomatique dans la quête de paix à l’Est de la République Démocratique du Congo. Ce mercredi 25 juin 2025, à la Cité de l’Union africaine, le Président Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO a reçu en audience Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria et émissaire de paix mandaté par l’EAC (Communauté de l’Afrique de l’Est) et la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe). Cette rencontre intervient dans un contexte où les tensions persistantes entre la RDC et le Rwanda continuent de faire planer une grave menace sécuritaire dans la région des Grands Lacs.

Le Président Obasanjo, qui revenait fraîchement d’une mission au Rwanda, a précisé que son périple visait à « explorer toutes les possibilités sur la situation entre le Rwanda et la RDC pour qu’il n’y ait plus de confrontation militaire et de violence ». Selon lui, les discussions avec les chefs d’État des deux pays sont « sur le bon chemin », bien que des divergences de fond subsistent sur la question du soutien rwandais au mouvement rebelle M23, point névralgique de la crise.

Cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large, décidé lors du 2ᵉ Sommet conjoint EAC-SADC tenu le 24 mars dernier, au cours duquel cinq anciens chefs d’État africains ont été désignés comme facilitateurs régionaux. Outre M. Obasanjo, cette équipe de médiation comprend Uhuru Kenyatta (Kenya), Kgalema Motlanthe (Afrique du Sud), Catherine Samba-Panza (République Centrafricaine) et Sahle-Work Zewde (Éthiopie). Le choix de ces figures politiques s’est appuyé sur des critères d’équilibre géographique, linguistique et de représentativité genre, dans l’optique de garantir une approche inclusive et impartiale du processus.

Dans la suite logique de sa mission, Olusegun Obasanjo a annoncé qu’il se rendrait à Lomé, au Togo, afin de rencontrer Faure Essozimna Gnassingbé, désigné médiateur par l’Union africaine. « Je vais me rendre à Lomé pour lui faire rapport et voir ce qui doit être fait pour une paix durable dans la région », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de coordonner les efforts entre les organisations régionales et l’UA.

Ce rôle de médiation confié au Président togolais ajoute une couche diplomatique supplémentaire à une crise qui, au-delà de ses dimensions locales, interpelle toute l’Afrique. Faure Gnassingbé, dont la diplomatie s’est récemment distinguée dans plusieurs crises ouest-africaines, est perçu comme un acteur capable de jouer les équilibristes dans un conflit aux ramifications internationales.

L’ancien président nigérian a également salué les efforts d’autres partenaires extérieurs dans la résolution de la crise. Il a notamment mentionné les États-Unis d’Amérique et le Qatar, deux pays qui se sont récemment engagés dans des initiatives de paix dans la région. « Nous en prenons acte », a-t-il brièvement commenté, signe d’une volonté d’intégrer tous les leviers diplomatiques dans une approche concertée et globale.

Il convient de rappeler que la crise dans l’Est de la RDC a déjà déplacé plus de 7 millions de personnes, selon les dernières estimations de l’OCHA, et provoqué une crise humanitaire d’une ampleur dramatique. L’implication croissante de figures continentales chevronnées, à l’image de M. Obasanjo, traduit donc une prise de conscience de l’urgence à stabiliser la région avant qu’elle ne sombre davantage dans l’irréparable.

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