Ville morte en RDC : L’UDPS considère comme un échec l’opération ville morte lancée par l’opposition
Le débat politique autour de l’opération « ville morte » observée mercredi dans plusieurs agglomérations de la République démocratique du Congo continue d’alimenter les réactions au sein de la classe politique. À Kinshasa, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, a estimé que l’initiative portée par une partie de l’opposition n’a pas produit les effets escomptés, soutenant que les activités quotidiennes ont globalement été maintenues dans plusieurs secteurs de la capitale.
Intervenant devant les militants de son parti, le dirigeant de la formation présidentielle a rejeté l’idée d’un succès de cette action citoyenne et politique. Selon lui, l’analyse de la situation doit tenir compte du contexte particulier marqué par le déroulement des épreuves de fin d’études primaires sur l’ensemble du territoire national.
« Qu’on ne vous trompe pas. Ils avaient fait leurs calculs en tenant compte de l’absence des écoliers dans les établissements scolaires, sachant que cela réduit naturellement l’affluence sur les routes. Plusieurs écoles servent actuellement de centres d’examen pour la fin du primaire, mais malgré cette situation, leur mot d’ordre a échoué », a déclaré Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS.
À l’en croire, la diminution observée dans certaines zones ne saurait être attribuée exclusivement à l’appel de l’opposition. Il considère plutôt que les contraintes liées à l’organisation des examens nationaux ont influencé les mouvements habituels de la population, notamment aux heures de pointe.
Par ailleurs, le secrétaire général de l’UDPS a réaffirmé l’engagement de son parti à soutenir toute démarche visant à accompagner l’action du Président de la République, Félix Tshisekedi. Cette prise de position s’inscrit dans un contexte où la majorité présidentielle cherche à consolider son assise politique face aux critiques et aux initiatives de contestation émanant de certains acteurs de l’opposition.
« Nous, à l’UDPS, nous soutiendrons désormais toute initiative prise en faveur du Chef de l’État, quel qu’en soit l’auteur, qu’il s’agisse de la société civile, d’un acteur politique ou d’un responsable religieux. Ceux qui avaient appelé à cette action doivent aujourd’hui assumer leur échec et en répondre devant ceux qui les ont soutenus », a-t-il ajouté.
Cette sortie médiatique intervient alors que les appréciations sur l’impact réel de l’opération « ville morte » demeurent contrastées. Tandis que les organisateurs mettent en avant une baisse des activités dans certaines localités, les responsables de la majorité présidentielle affirment que la circulation, les services publics et une partie importante du tissu économique ont continué à fonctionner normalement.
Au-delà de la polémique, cet épisode illustre la persistance des tensions politiques qui caractérisent le paysage national. Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires dans l’Est du pays, les enjeux de gouvernance et les attentes sociales croissantes, majorité et opposition poursuivent leur bataille de communication autour de leur capacité respective à mobiliser l’opinion publique.
Ainsi, les interprétations divergentes de cette journée témoignent de la profondeur du clivage politique actuel en RDC. Chacun des camps tente désormais de capitaliser sur cet épisode pour renforcer son discours et consolider son influence auprès de la population, à l’approche d’échéances politiques et institutionnelles jugées déterminantes pour l’avenir du pays.
LA REDACTION
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