RGPH : La cartographie censitaire lancée pour préparer le premier recensement général depuis plus de quarante ans
La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans la préparation du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), un projet d’envergure nationale attendu depuis plusieurs décennies. Le gouvernement a officiellement lancé à Kinshasa le processus de recrutement des agents chargés de la cartographie censitaire, une phase déterminante qui doit permettre de jeter les bases techniques du futur dénombrement de la population congolaise.
Cette initiative s’inscrit dans la poursuite des préparatifs du premier recensement national depuis celui organisé en 1984. À travers cette opération, les autorités ambitionnent de disposer d’une photographie précise de la population congolaise, de ses caractéristiques socio-économiques ainsi que de sa répartition sur l’ensemble du territoire national.
Lors d’une conférence de presse organisée à Kinshasa, le ministre d’État en charge du Plan, Guylain Nyembo, a souligné la portée stratégique de cette démarche.
« Le gouvernement a fait du recensement une priorité nationale afin de connaître avec précision l’effectif de notre population, ses conditions de vie et sa répartition géographique. Il constitue un outil stratégique de gestion axé sur les résultats et permet de disposer de données fiables, actualisées et indispensables à la planification du développement, à l’élaboration des politiques publiques, à la construction des infrastructures à travers le pays ainsi qu’à une meilleure répartition des ressources », a déclaré Guylain Nyembo.
Selon le ministre, cette opération répond à la volonté des pouvoirs publics de renforcer les capacités du système statistique national afin de produire des données crédibles et actualisées. Ces informations sont considérées comme essentielles pour orienter les décisions gouvernementales, mesurer l’efficacité des politiques publiques et accompagner les ambitions de développement du pays.
La cartographie censitaire constitue l’un des piliers fondamentaux de tout processus de recensement moderne. Elle vise à identifier, localiser et délimiter avec précision l’ensemble des zones de dénombrement qui seront couvertes lors de la collecte des données démographiques.
Concrètement, les agents recrutés auront pour mission de parcourir les différentes provinces afin d’établir une cartographie exhaustive des agglomérations, villages, quartiers et ménages. Grâce aux technologies de géolocalisation et aux outils numériques, cette étape permettra d’assurer une couverture complète du territoire national et de limiter les risques d’omissions ou de doublons lors du recensement proprement dit.
Par ailleurs, cette phase préparatoire représente un défi logistique considérable au regard de l’immensité du territoire congolais, de la diversité des milieux géographiques et des difficultés d’accès à certaines zones enclavées.
Au-delà de sa dimension statistique, le recensement est considéré comme un instrument essentiel de gouvernance. Les données qui en découleront permettront notamment de mieux planifier les investissements publics dans les secteurs de l’éducation, de la santé, du logement, de l’emploi, de l’énergie ou encore des infrastructures routières.
Depuis plusieurs années, les estimations démographiques de la RDC reposent essentiellement sur des projections réalisées à partir du recensement de 1984. Cette situation limite la précision des indicateurs utilisés dans la planification nationale et complique l’évaluation des besoins réels des populations.
Dans un contexte marqué par une croissance démographique soutenue, l’obtention de statistiques actualisées apparaît donc comme une nécessité pour améliorer l’efficacité de l’action publique et renforcer la répartition équitable des ressources à travers les différentes provinces du pays.
Le processus de recensement bénéficie également de l’accompagnement de plusieurs partenaires techniques et financiers internationaux spécialisés dans les questions démographiques et statistiques. Leur appui porte notamment sur l’assistance technique, le renforcement des capacités nationales et l’intégration des outils numériques dans les opérations de terrain.
Pour les autorités congolaises, la réussite du RGPH constitue un enjeu stratégique majeur. Au-delà de la simple collecte de données, il s’agit de doter la RDC d’une base statistique robuste capable d’accompagner durablement les politiques publiques et les objectifs de développement à long terme.
Ainsi, le lancement du recrutement des agents cartographes marque une étape importante dans la concrétisation d’un projet attendu depuis plus de quarante ans, dont les résultats devraient contribuer à une meilleure connaissance de la réalité démographique du pays et à une gouvernance davantage fondée sur des données fiables.
LA REDACTION
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