Affaire FRIVAO : Constant Mutamba refuse de comparaître et provoque un nouveau bras de fer judiciaire
Une nouvelle zone de turbulence vient de s’ouvrir dans le très sensible dossier des présumées malversations financières liées au Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO). Ce mardi, l’ancien ministre de la Justice et garde des Sceaux, Constant Mutamba, ne s’est pas présenté devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe où il était attendu en qualité de témoin.
Cette absence, loin d’être anodine, a immédiatement suscité une vague de réactions dans les milieux judiciaires et politiques, tant le dossier FRIVAO demeure au cœur des débats sur la gouvernance des fonds publics et la transparence dans la gestion des mécanismes de réparation.
Selon les éléments évoqués à l’audience, l’ancien patron de la justice congolaise aurait catégoriquement rejeté la convocation qui lui a été adressée par les autorités judiciaires. Au moment de la signification de l’acte, il aurait déclaré : « Qu’ils fassent ce qu’ils veulent, je suis déjà condamné », des propos qui traduisent un profond malaise autour de cette procédure judiciaire particulièrement médiatisée.
Plus encore, l’ancien garde des Sceaux aurait averti qu’il provoquerait « un scandale » en cas de nouvelle tentative de convocation. Une sortie fracassante qui alimente désormais les spéculations sur l’évolution future de cette affaire et sur les rapports de plus en plus tendus entre certains acteurs politiques et l’appareil judiciaire.
Par ailleurs, la Cour a confirmé avoir reçu une attestation médicale destinée à justifier l’absence de Constant Mutamba à cette audience. Toutefois, ce document n’a pas manqué de provoquer des interrogations du côté du parquet, où certaines réserves auraient été exprimées quant aux circonstances de cette indisponibilité.
Au-delà de cet épisode judiciaire, cette affaire remet brutalement sous les projecteurs le fonctionnement du FRIVAO, une structure créée pour gérer les indemnisations destinées aux victimes des exactions commises dans l’Est de la RDC à la suite des activités illicites attribuées à l’Ouganda. Depuis plusieurs mois, des soupçons de mauvaise gestion et d’irrégularités financières alimentent le débat public autour de cette institution stratégique.
Dans les cercles politiques congolais, certains observateurs estiment que cette confrontation entre Constant Mutamba et la justice pourrait également prendre une dimension politique, au regard du climat actuel marqué par de fortes rivalités institutionnelles et des luttes d’influence au sommet de l’État.
D’autres analystes, en revanche, considèrent que la comparution des personnalités publiques devant les juridictions constitue une exigence fondamentale de l’État de droit et de la redevabilité publique. Pour eux, la justice doit pouvoir poursuivre son travail en toute indépendance, sans pression politique ni agitation médiatique.
En attendant les prochaines audiences, ce nouvel épisode ne fait qu’accentuer l’attention de l’opinion publique autour d’un dossier explosif qui continue de secouer la scène politique et judiciaire congolaise.
LA REDACTION
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