Crise ouverte entre la Justice et son ministre : Constant MUTAMBA défie ses détracteurs et s’expose à la tempête judiciaire
Une scène inédite s’est produite dans l’enceinte même du Palais de Justice à Kinshasa : Constant Mutamba, ministre d’État en charge de la Justice, a improvisé un meeting aux allures de déclaration de guerre contre ses adversaires politiques et une partie de l’appareil judiciaire. Dans un ton défiant et empreint de colère, l’homme fort du ministère de la Justice a tenu des propos d’une rare virulence, dénonçant ce qu’il qualifie de “complot politique” orchestré au sein d’un regroupement qu’il décrit comme “un groupe des maffieux”.
Avec un langage incendiaire et une posture résolument provocatrice, Constant Mutamba a ciblé frontalement ses opposants qu’il accuse de vouloir ternir son image et de le pousser à l’exil. « Comme ils se sont rencontrés dans leur regroupement des Kabilistes, un groupe des maffieux pour m’humilier, pour salir ma réputation, dites-leur que je n’ai pas peur de la prison. Je suis prêt. Ils ont dit que j’ai fui en Tanzanie, me voici. Je suis venu les affronter. Qu’ils viennent m’arrêter », a-t-il martelé avec véhémence devant une foule conquise.
Ce discours hautement politique intervient alors que plane une menace de levée de ses immunités parlementaires, après la transmission d’un réquisitoire le visant à l’Assemblée nationale. Dans une posture de défi assumé, le ministre affirme déjà qu’il ne répondra à aucune convocation judiciaire, même en cas de levée de ses protections institutionnelles.
Mutamba ne s’est pas arrêté là. Il a dirigé ses flèches directement vers le procureur à l’origine du réquisitoire, l’accusant de manquements éthiques et d’un enrichissement suspect. « J’attends qu’il justifie tous les biens qu’il a acquis à Bruxelles. Dites-lui que j’attends d’abord les conclusions des enquêtes ouvertes à son sujet. Comme il fait l’objet des enquêtes, il ne peut pas initier une action contre le ministre de la Justice. C’est une faute disciplinaire grave et je vais en tirer toutes les conséquences de droit », a-t-il déclaré avec une détermination sans ambages.
Cette sortie musclée met en lumière une crise institutionnelle potentiellement grave, où un ministre de la Justice, censé garantir le bon fonctionnement de l’appareil judiciaire, conteste publiquement la légitimité des procédures engagées par celui-ci.
Poussant l’insubordination à son paroxysme, le ministre Mutamba a révélé avoir expressément interdit à des hauts fonctionnaires de son ministère de répondre aux convocations du parquet. « Le procureur a commencé par inviter le secrétaire général de la justice et le directeur pénitentiaire. Je leur ai donné l’ordre de ne pas y aller », a-t-il confié sans détour.
Un tel acte, s’il venait à être formellement confirmé, pourrait être interprété comme une obstruction directe à la justice et un abus d’autorité flagrant. Des voix s’élèvent déjà, dans certains milieux juridiques, pour demander une enquête parlementaire sur la conduite du ministre, voire son éventuelle mise en accusation.
La tension qui s’installe désormais entre le ministère de la Justice et l’appareil judiciaire congolais pourrait plonger le pays dans une crise de gouvernance préoccupante. Car au-delà des invectives, cette affaire soulève des interrogations fondamentales sur l’indépendance de la justice, la séparation des pouvoirs et le respect des institutions démocratiques en République démocratique du Congo.
Dans ce contexte, l’opinion publique et les institutions de surveillance, tant nationales qu’internationales, observeront de près les suites de ce bras de fer à haut risque entre un ministre en guerre ouverte et la magistrature.
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