Liberté d’expression et responsabilité publique : Le CSAC convoque le prophète Mulindwa Jules après des propos polémiques
Le débat autour de la responsabilité des leaders religieux dans l’espace public refait surface en République démocratique du Congo. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a convoqué le prophète Mulindwa Jules à la suite de propos tenus lors d’un culte religieux et largement relayé sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias.
Le prédicateur est attendu ce jeudi 28 mai 2026 devant l’organe de régulation des médias et de la communication afin de s’expliquer sur des déclarations jugées controversées à l’égard de certains opposants politiques, qu’il aurait qualifiés de « sorciers » au cours de sa prédication.
Cette convocation intervient dans un contexte sociopolitique particulièrement sensible en RDC, marqué par de fortes tensions autour des débats institutionnels et politiques. Les prises de position publiques de certaines figures religieuses sur des questions politiques suscitent régulièrement des réactions contrastées au sein de l’opinion nationale.
Par ailleurs, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication rappelle régulièrement sa mission de veiller au respect de l’éthique, de la déontologie ainsi qu’à la préservation de la cohésion sociale dans les contenus diffusés publiquement, y compris ceux relayés à travers les plateformes numériques et les médias audiovisuels.
Cette affaire relance également le débat sur les limites entre liberté d’expression, discours religieux et responsabilité publique. Plusieurs observateurs estiment que les personnalités influentes, particulièrement les responsables religieux disposant d’une forte audience populaire, sont appelées à faire preuve de retenue dans leurs interventions publiques afin d’éviter toute déclaration susceptible d’alimenter les tensions politiques ou sociales.
En outre, la RDC demeure un pays où les Églises occupent une place importante dans la vie sociale et politique. Historiquement, les leaders religieux ont souvent joué un rôle d’influence dans les grands débats nationaux, notamment lors des périodes de crise politique, des processus électoraux ou des discussions institutionnelles majeures.
Cependant, cette proximité entre sphère religieuse et sphère politique continue d’alimenter des controverses récurrentes. Certains acteurs de la société civile appellent ainsi à une plus grande neutralité des prédicateurs dans les questions partisanes, tandis que d’autres défendent leur droit à s’exprimer sur les enjeux touchant à la gouvernance et à la vie nationale.
La comparution du prophète Mulindwa Jules devant le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication sera donc suivie avec attention, aussi bien par les milieux religieux que politiques. Plusieurs analystes considèrent que cette démarche du régulateur pourrait constituer un signal fort sur la nécessité de promouvoir un discours public responsable dans un environnement politique déjà fortement polarisé.
Au-delà du cas spécifique du prédicateur, cette séquence remet en lumière les défis liés à l’encadrement des prises de parole publiques en RDC, à une période où les réseaux sociaux et les médias numériques amplifient rapidement les déclarations susceptibles d’influencer l’opinion nationale.
LA REDACTION
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