30 May 2026
Découverte

Procès MUTAMBA : L’ancien ministre de la Justice réclame la comparution de plusieurs hauts responsables

  • juillet 31, 2025
  • 3 min read
Procès MUTAMBA : L’ancien ministre de la Justice réclame la comparution de plusieurs hauts responsables

Poursuivi pour un détournement présumé de plus de 19 millions de dollars américains, l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, est désormais au centre d’une affaire aux ramifications aussi politiques qu’administratives. Lors de l’une des récentes audiences, le prévenu a sollicité la comparution de plusieurs personnalités de haut rang, dont la Première ministre Judith Suminwa, les ministres des Sports et des Infrastructures et Travaux Publics (ITPR), ainsi que l’actuel et l’ancien chef de service de l’Inspection Générale des Finances (IGF), en l’occurrence Jules Alingete et son successeur. Le Secrétaire exécutif de la CENAREF figure également sur cette liste.

L’affaire, qui secoue le microcosme politico-judiciaire congolais depuis plusieurs semaines, porte sur la gestion contestée de fonds publics alloués dans le cadre de projets liés aux infrastructures et au sport. Le montant global du détournement allégué s’élèverait à plus de 19 millions USD, une somme dont l’utilisation réelle reste floue selon les enquêteurs de la CENAREF et les éléments préliminaires de l’IGF.

Constant Mutamba, qui nie en bloc les accusations portées contre lui, a multiplié les requêtes de procédure, arguant d’une responsabilité partagée au sein du gouvernement. Sa ligne de défense s’articule autour de la nécessité d’éclaircir les responsabilités respectives dans la chaîne de décision, au moment où les fonds en question auraient été débloqués.

Dans une demande déposée auprès du tribunal, l’ancien ministre exige la présence de plusieurs hauts responsables gouvernementaux et techniques, estimant qu’ils détiennent des informations essentielles sur le circuit de financement et la gestion desdits projets.

Parmi les personnalités visées figurent :

• La Première ministre Judith Suminwa Tuluka,

• Le ministre des Sports,

• Le ministre des Infrastructures et Travaux Publics,

• Le Secrétaire exécutif de la CENAREF,

• Jules Alingete, ex-chef de l’IGF,

• Et son successeur actuellement en poste.

Selon la défense, leur comparution serait indispensable pour que le tribunal puisse « avoir une lecture exhaustive du dossier, fondée sur les responsabilités partagées au sommet de l’exécutif ».

Cette affaire, qui implique un ancien membre du gouvernement de la République, suscite une forte attention de la société civile et des organisations anticorruption, qui y voient un test majeur de la volonté du nouveau gouvernement à assainir la gestion publique. Si les accusations sont prouvées, ce dossier pourrait donner lieu à des sanctions exemplaires, mais une instrumentalisation judiciaire pourrait aussi entacher la crédibilité de la procédure, préviennent certains analystes.

Pour de nombreux observateurs, cette stratégie de défense consistant à convoquer des figures de premier plan s’apparente à une tentative de politisation du procès. D’autres estiment au contraire qu’il s’agit d’un exercice légitime de transparence, afin de garantir une justice impartiale.

Le tribunal devra se prononcer dans les prochains jours sur la recevabilité de ces demandes de comparution. Le déroulement de cette procédure pourrait influencer non seulement le sort du prévenu, mais aussi la manière dont sont perçues les responsabilités ministérielles collectives dans la gestion des finances publiques.

Le verdict attendu ne concernera donc pas uniquement une personne, mais pourrait ouvrir un débat plus large sur la gouvernance, l’imputabilité et la redevabilité dans les hautes sphères de l’État.

LA REDACTION

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