Affaire RDC contre Rwanda : la Cour africaine des droits de l’homme se déclare compétente lors de sa 77e session ordinaire à Arusha
À l’occasion de sa 77e session ordinaire, tenue ce jeudi 26 juin 2025 à Arusha, en Tanzanie, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a procédé au prononcé de plusieurs arrêts importants, dont celui relatif à l’affaire opposant la République Démocratique du Congo (RDC) à la République du Rwanda. Cette décision s’inscrit dans une dynamique régionale où le respect des droits fondamentaux et la quête de justice transnationale occupent une place centrale.
Il convient de rappeler que, le lundi 2 décembre 2024, les autorités congolaises avaient officiellement annoncé leur intention de saisir la Cour africaine, afin de faire reconnaître les violations présumées des droits humains perpétrées par le Rwanda sur le territoire congolais. Cette démarche visait à dénoncer les actes qualifiés d’agressions militaires, d’exploitation illicite des ressources naturelles, mais aussi de violations graves du droit international humanitaire dans la partie orientale de la RDC.
En effet, cette affaire revêt une importance à la fois symbolique et juridique. Elle s’inscrit dans un contexte géopolitique particulièrement tendu, marqué par des affrontements persistants dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, où la présence de groupes armés soutenus ou tolérés par des puissances voisines est régulièrement documentée par les rapports des Nations Unies. La RDC, en saisissant la juridiction africaine, entend non seulement faire valoir son droit à la souveraineté, mais aussi obtenir réparation pour les préjudices subis par ses populations civiles.
Le prononcé de la Cour, bien qu’attendu, intervient dans un climat de fortes attentes de la part de la société civile congolaise et des défenseurs des droits humains sur le continent. La juridiction d’Arusha est appelée à jouer un rôle de plus en plus prépondérant dans le règlement pacifique des différends interétatiques et la construction d’un ordre juridique africain fondé sur la justice, la solidarité et la responsabilité des États.
En définitive, cette affaire ouvre une nouvelle ère dans les rapports entre États africains, où le recours au droit pourrait progressivement se substituer aux logiques de rapports de force. À travers cette initiative, la RDC affirme sa volonté de privilégier la voie du droit international pour résoudre les différends régionaux, tout en renforçant le rôle des institutions panafricaines dans la consolidation de la paix et la promotion des droits de l’homme.
L’évolution de cette affaire fera sans doute l’objet d’un suivi rigoureux, tant sur le plan juridique que diplomatique, dans la mesure où elle pourrait faire jurisprudence et encourager d’autres pays à recourir aux mécanismes judiciaires continentaux pour la résolution de conflits sensibles.
LA RÉDACTION
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