Crise de Trésorerie : L’État Instaure un Paiement Permanent pour Sauver la SNEL et la REGIDESO
Face aux difficultés financières persistantes qui entravent le bon fonctionnement de la Société Nationale d’Électricité (SNEL) et de la Régie de Distribution d’Eau (REGIDESO), le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) a décidé d’adopter un mécanisme de soutien budgétaire stable. À partir d’avril 2025, un ordre de paiement permanent sera mis en place, garantissant un apport financier mensuel à ces deux entreprises stratégiques, conformément au Protocole d’Accord en vigueur.
Dans le cadre de cette nouvelle initiative, la SNEL et la REGIDESO bénéficieront chacune d’une allocation mensuelle de 2 millions de dollars américains, soit un total de 4 millions de dollars injectés mensuellement dans leurs caisses. En monnaie locale, l’appui à la REGIDESO s’élèvera à plus de 4 milliards de francs congolais, permettant ainsi d’alléger la pression sur ces entreprises publiques qui jouent un rôle central dans le bien-être de la population congolaise.
Cette décision répond à l’urgence de stabiliser ces entités, confrontées à des défis de trésorerie majeurs affectant leur capacité à assurer une distribution optimale de l’eau et de l’électricité. En effet, le manque de liquidités a souvent conduit à des coupures intempestives et à une détérioration des infrastructures, impactant directement les ménages et les entreprises du pays.
L’instauration de cet ordre de paiement permanent traduit la volonté du gouvernement d’assurer une gestion plus prévisible et plus efficace des finances publiques, tout en garantissant la continuité des services de base. Ce mécanisme s’inscrit également dans une dynamique plus large visant à réhabiliter et moderniser les infrastructures énergétiques et hydrauliques du pays, en ligne avec les engagements du Chef de l’État en faveur du développement durable.
Au-delà du simple soutien financier, cette initiative devrait permettre aux deux entreprises de renforcer leur planification budgétaire, d’améliorer la maintenance de leurs installations et de réduire progressivement leur dépendance aux interventions ponctuelles de l’État.
Si cette mesure apporte une réponse immédiate aux difficultés de la SNEL et de la REGIDESO, elle soulève également la question de la gestion à long terme de ces entreprises publiques. Les défis liés à la rentabilité, à la lutte contre la fraude et aux investissements en infrastructures restent des enjeux majeurs qui nécessitent des réformes structurelles en profondeur.
En instaurant un financement régulier, le gouvernement met ces entreprises devant leurs responsabilités : une meilleure gouvernance et une transparence accrue seront essentielles pour assurer un retour sur investissement et éviter que ces soutiens financiers ne deviennent une simple perfusion sans impact durable.
L’annonce de cette mesure marque un tournant décisif dans la gestion des services publics en RDC. Alors que des millions de Congolais souffrent encore d’un accès limité à l’eau potable et à l’électricité, cette initiative représente un pas important vers une amélioration tangible des conditions de vie.
Reste à voir comment la SNEL et la REGIDESO sauront optimiser ces financements et répondre aux attentes de la population en matière de fourniture continue et de qualité des services. Le succès de cette démarche dépendra également de la capacité des autorités à accompagner ces réformes par des stratégies de modernisation et de diversification des sources de financement.
LA REDACTION
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