9 October 2026
Découverte

Crise ouverte au sommet de l’État ? Constant MUTAMBA met en cause Judith SUMINWA et le procureur MVONDE lors de son audition

  • mai 29, 2025
  • 4 min read
Crise ouverte au sommet de l’État ? Constant MUTAMBA met en cause Judith SUMINWA et le procureur MVONDE lors de son audition

C’est un épisode inattendu, voire explosif, de la vie politique congolaise qui s’est joué dans les couloirs feutrés de la Commission spéciale temporaire de l’Assemblée nationale. Convoqué dans le cadre de l’examen du réquisitoire introduit par le procureur général près la Cour de cassation, le ministre d’État en charge de la Justice, M. Constant Mutamba, a livré un témoignage chargé de tensions politiques, n’hésitant pas à émettre de graves accusations à l’encontre de plusieurs hautes personnalités du pays.

Lors de son audition, le ministre a notamment dénoncé un environnement institutionnel vicié par ce qu’il qualifie de « climat conflictogène » avec la Première ministre Judith Suminwa. Il affirme sans ambages : « Je n’ai jamais été aimé par Madame la Première Ministre », avant de pointer du doigt ce qu’il considère comme une forme d’hostilité délibérée à son encontre, nuisant au bon fonctionnement du gouvernement.

Au-delà de cette mise en cause politique, Constant Mutamba a également dirigé ses flèches contre le procureur général près la Cour de cassation, M. Firmin Mvonde. Ce dernier est pourtant l’auteur du réquisitoire sollicitant l’autorisation d’instruction contre le ministre dans l’affaire de la construction controversée de la prison centrale de Kisangani. En ciblant le magistrat suprême du parquet général, le ministre de la Justice insinue un éventuel acharnement judiciaire, voire une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Ces propos, aux relents de règlement de comptes, ont profondément troublé les membres de la commission parlementaire, dont le rôle était purement technique : apprécier la recevabilité du dossier sans empiéter sur le fond des accusations.

Au terme de ses travaux, la Commission spéciale a néanmoins jugé recevable la requête émanant du parquet, renvoyant désormais la décision finale à la plénière de l’Assemblée nationale. Celle-ci devra, dans les prochains jours, se prononcer par vote sur l’opportunité de lever l’immunité parlementaire du ministre Mutamba pour permettre l’ouverture d’une instruction judiciaire.

Cette séquence parlementaire, aux enjeux juridiques et politiques considérables, place l’Assemblée nationale face à une responsabilité historique : celle de concilier protection institutionnelle des membres du gouvernement avec l’exigence de transparence et de lutte contre les dérives financières.

Les révélations de Constant Mutamba ont également mis en lumière une fracture profonde au sein même de l’Exécutif. Le différend qu’il décrit avec la cheffe du gouvernement trahit une absence de cohésion au sommet de l’État, à un moment où le pays est confronté à d’importants défis structurels, notamment en matière de justice, d’infrastructures et de gouvernance.

Nombre d’observateurs s’interrogent d’ailleurs sur l’impact que pourraient avoir ces tensions internes sur la stabilité du gouvernement dirigé par Judith Suminwa, la première femme à occuper ce poste en RDC, et qui s’efforce, depuis sa nomination, de projeter une image de rigueur, d’unité et de réforme.

À mesure que le dossier évolue, les risques de polarisation entre institutions deviennent palpables. D’un côté, la justice cherche à exercer ses prérogatives en matière de poursuites pénales, et de l’autre, certains acteurs politiques semblent y voir une tentative de déstabilisation orchestrée. Dans tous les cas, cette affaire illustre les tensions croissantes entre justice, politique et responsabilité individuelle au cœur de l’appareil étatique congolais.

LA REDACTION

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