16 August 2026
Découverte

Développement, infrastructures, énergie : Félix Tshisekedi impose ses règles sur les ressources congolaises

  • septembre 24, 2025
  • 3 min read
Développement, infrastructures, énergie : Félix Tshisekedi impose ses règles sur les ressources congolaises

À la suite de plusieurs négociations en cours avec les États-Unis sur les minerais critiques, le Président Félix-Antoine Tshisekedi a confirmé que la République démocratique du Congo ne « mettra pas aux enchères » ses ressources minières, même dans le cadre de partenariats internationaux. Il a insisté pour que ces partenariats servent d’abord à développer la filière nationale, les infrastructures et l’énergie, et non à céder au dumping extérieur ou à des surenchères mal expliquées.

D’emblée, le chef de l’État a tenu à clarifier sa vision : « cela ne signifie pas que nous allons mettre aux enchères nos ressources minières », a-t-il déclaré à New York, selon des sources proches des pourparlers.  Par cette affirmation, Tshisekedi marque une ligne rouge : le pays ne sera pas simple terrain de vente aux enchères pour les investisseurs étrangers, quels qu’ils soient.

Cette posture n’est pas nouvelle. En effet, dans un autre discours, le président avait affirmé que « les ressources de la RDC ne seront jamais bradées ni livrées à des intérêts obscurs ».  Ces mots soulignent sa détermination à garantir que les richesses minières profitent d’abord au peuple congolais.

Ensuite, Tshisekedi a exposé ce qu’il entend par un partenariat respectueux : il s’agit de développer les secteurs miniers, mais surtout la valorisation de la chaîne de valeur, le renforcement des infrastructures, avec « une attention particulière portée à l’énergie ».

Autrement dit, plutôt que d’exporter des matières premières brutes, la RDC cherche à transformer sur place, à créer de l’emploi, à bâtir des routes, des usines, des centrales électriques. Cela cadre aussi avec des engagements antérieurs du gouvernement sur l’électrification nationale. Par exemple, le projet Compact Énergétique National ambitionne de faire passer le taux d’accès à l’électricité de 21,5 % à 62 % d’ici 2030.

Par ailleurs, cette prise de position intervient dans un contexte géopolitique tendu. Le président Tshisekedi lie implicitement la réussite des partenariats à certaines conditions politiques régionales, notamment l’arrêt présumé du soutien du Rwanda au groupe armé M23, accusé par Kinshasa de perpétrer des violations dans l’Est.

D’autre part, cette affirmation de souveraineté minière cherche aussi à répondre aux critiques internes : l’opposition et certains observateurs dénoncent que de nombreuses concessions minières profitent davantage à des investisseurs étrangers qu’à la population locale. Tshisekedi évoque la nécessité de contrats « gagnant-gagnant » révisés pour garantir une meilleure répartition des retombées économiques.

En somme, Félix Tshisekedi affiche une volonté affirmée : que la RDC reste maître de ses richesses minières. Pour lui, le mot d’ordre n’est pas l’ouverture inconditionnelle, mais un partenariat respectueux des intérêts nationaux – développement de la filière, valeur ajoutée, infrastructures, et énergie. Si les mots sont clairs et les lignes tracées, l’épreuve du réel sera la capacité du gouvernement congolais à faire respecter ces engagements, à traduire les promesses en contrats équitables, et à tirer profit lui-même de ce qu’il possède.

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