Diplomatie parlementaire : La CIRGL engage une voix forte pour la pacification de l’Est congolais
C’est dans un contexte géopolitique tendu, marqué par la recrudescence des violences armées dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo, que s’est tenue à Luanda la 15ème session ordinaire du Forum des Parlements des pays membres de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (FP-CIRGL). À l’unisson, les délégations parlementaires ont élevé une voix solennelle contre les conflits qui gangrènent cette région stratégique du continent.
En effet, au terme de leurs délibérations, les parlementaires ont unanimement condamné la tragédie humanitaire qui résulte des affrontements armés dans l’Est de la RDC. Ces violences ont engendré un lourd tribut humain, provoqué d’importants déplacements internes et accru de façon exponentielle le nombre de réfugiés. Les membres du forum ont exprimé leur profonde préoccupation face à l’aggravation de la crise sécuritaire, humanitaire et socioéconomique dans cette zone déjà fragilisée par des décennies d’instabilité.
Dans un appel empreint de gravité, le Forum des Parlements a exhorté les protagonistes de ces conflits à abandonner les armes et à se rallier aux initiatives de paix existantes. Il a notamment salué les démarches politiques entreprises par Kinshasa et Kigali pour détendre leurs relations bilatérales, en particulier à travers la Feuille de route de Luanda et le processus de Nairobi, signés le 26 novembre 2024. Ces efforts diplomatiques sont perçus comme des leviers crédibles pour une désescalade durable, à condition qu’ils soient soutenus par une volonté politique sincère.
Par ailleurs, le Forum a incité les deux nations à tirer pleinement profit de la médiation angolaise, jugée impartiale et déterminée, pour enclencher sans délai une nouvelle série de pourparlers bilatéraux. L’Angola, fort de son expérience de sortie de conflit, se présente aujourd’hui comme une référence en matière de réconciliation nationale par le dialogue.
C’est d’ailleurs dans cette perspective que s’est exprimé le député national angolais Raphaël Savimbi, fils du regretté leader Jonas Savimbi, en ces termes : « Il faut œuvrer pour la paix et non pour la division et les conflits (…). Ce qui divise aujourd’hui dans l’Est de la République Démocratique du Congo peut se terminer, il suffit juste d’avoir la volonté et de s’engager vers la paix. » Un témoignage vibrant qui fait écho au passé tumultueux de son propre pays, aujourd’hui pacifié.
Même son de cloche du côté de Madame Arlette Chimbinda, actuelle deuxième Vice-présidente de l’Assemblée nationale angolaise et figure de proue du parti UNITA. Au sortir de ses échanges avec le Président de l’Assemblée nationale congolaise, le professeur Vital Kamerhe, elle a martelé : « Ce qui nous divise est moins que ce qui nous unit (…). Il est donc important de se mettre ensemble et de parler afin de mettre un terme à ce qui divise. »
Au-delà des préoccupations sécuritaires, la session de Luanda a également mis en lumière une exigence éthique et structurelle : l’intégration de la dimension genre dans les processus de paix. Le Forum a ainsi adopté à l’unanimité une résolution engageant les États membres à promouvoir un leadership inclusif où les femmes auront un rôle équitable dans les efforts de résolution des conflits. Une orientation alignée sur les recommandations onusiennes relatives à la paix et à la sécurité durables.
En marge de ces résolutions, la Conférence des Présidents des Assemblées nationales et parlementaires membres de la CIRGL, réunie le 23 avril dernier, a procédé à l’élection du nouveau Secrétaire Général du Forum. Le Tanzanien Déo Mwapinga succède ainsi à Tembo Mwelwa Ronald, arrivé en fin de mandat. Ce passage de témoin se veut également le symbole d’un renouveau institutionnel à l’échelle régionale.
La diplomatie parlementaire, longtemps sous-estimée, s’affirme désormais comme un catalyseur majeur de la paix dans la région des Grands Lacs. Elle démontre que la stabilité durable ne saurait reposer uniquement sur les armes ou les chancelleries, mais également sur la voix des peuples, portée par leurs représentants légitimes.
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