Le débat sur le transfert de la capitale congolaise ressurgit au cœur des réflexions institutionnelles
La question du transfert de la capitale de la République démocratique du Congo a refait surface lors de la première session extraordinaire de la Conférence des présidents des assemblées provinciales. Ce sujet, rarement abordé avec autant de visibilité dans un cadre institutionnel, s’inscrit dans une réflexion plus large sur la gouvernance territoriale, l’équilibre national et l’efficacité de l’organisation administrative de l’État.
C’est au cours de la deuxième journée des travaux que le député national Paul-Gaspard Ngondankoy est revenu sur les implications juridiques d’une éventuelle relocalisation de la capitale. Évoquant les exigences constitutionnelles, il a rappelé que « Le transfert de la capitale hors de Kinshasa : article 2, alinéa 3. Si l’on veut changer la capitale, les représentants ne peuvent décider seuls. Il faut demander au peuple. Dans ma version initiale, j’avais proposé des conditions tels que les études préalables de viabilité économique, sociale, écologique ; choix d’une localité équidistante de toutes les provinces pour garantir l’accès égal. Aujourd’hui, Kinshasa est au sud-ouest, désavantageant certaines provinces comme le Haut-Uele par rapport au Kongo Central (…) », a déclaré Paul-Gaspard Ngondankoy.
Au-delà de cette prise de position, le débat renvoie à des considérations stratégiques majeures. Dans un pays aux dimensions continentales, certains experts estiment qu’une capitale située dans une zone plus centrale pourrait favoriser une meilleure intégration nationale, réduire les disparités géographiques et rapprocher les institutions des provinces les plus éloignées. À l’inverse, d’autres soulignent que le coût économique, logistique et administratif d’un tel projet serait considérable et nécessiterait une planification rigoureuse sur plusieurs années.
Par ailleurs, la Constitution de la République démocratique du Congo encadre strictement cette éventualité. Toute modification du siège de la capitale ne relève pas d’une simple décision politique ou parlementaire. Elle implique le respect des dispositions constitutionnelles applicables, notamment la consultation du souverain primaire, ce qui confère à cette question une portée à la fois juridique, politique et démocratique.
Cette réflexion intervient également dans un contexte où les institutions congolaises poursuivent les réformes liées à la décentralisation et à l’aménagement équilibré du territoire. Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics mettent l’accent sur le développement des provinces, le renforcement des infrastructures et la réduction des disparités régionales afin de promouvoir un développement plus harmonieux de l’ensemble du pays.
En définitive, la relance du débat sur un éventuel transfert de la capitale ne signifie pas qu’une décision est imminente. Elle traduit toutefois la volonté de certains acteurs institutionnels d’ouvrir une réflexion de fond sur l’organisation territoriale de l’État, la cohésion nationale et les perspectives d’un développement plus équilibré de la République démocratique du Congo. Toute évolution en la matière devra cependant s’inscrire dans le strict respect des exigences constitutionnelles ainsi que de la volonté du peuple congolais.
LA REDACTION
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