10 October 2026
Découverte

L’invasion rwandaise prive la RDC de 9% de ses recettes douanières, selon l’Inspection générale des finances

  • mars 11, 2025
  • 4 min read
L’invasion rwandaise prive la RDC de 9% de ses recettes douanières, selon l’Inspection générale des finances

L’invasion de la République Démocratique du Congo (RDC) par l’armée rwandaise, accompagnée de ses alliés du M23, a non seulement entraîné des souffrances humaines et une déstabilisation régionale, mais aussi des répercussions économiques majeures pour le pays. Selon les déclarations de Jules Alingete Key, chef de service de l’Inspection générale des finances (IGF), l’occupation des villes stratégiques telles que Goma et Bukavu par les forces rwandaises a gravement affecté les recettes douanières de la RDC. « Dans les villes occupées par l’armée rwandaise, en termes de recettes douanières, l’occupation de Goma et de Bukavu nous a fait perdre 9% des recettes douanières », a révélé Alingete lors de son intervention télévisée le week-end dernier.

Les répercussions financières de cette guerre se font sentir de manière particulièrement lourde, puisque ces deux villes, Goma et Bukavu, sont des axes clés pour la collecte des recettes douanières. En termes de chiffres, la douane congolaise mobilise environ 200 millions à 250 millions USD par mois. Cependant, avec l’occupation de ces zones stratégiques, 9% de cette somme est désormais perdue, affectant ainsi considérablement les finances publiques du pays.

Pour mettre cela en perspective, cela représente des pertes mensuelles allant de 18 millions USD à 22,5 millions USD, des montants qui, dans un contexte économique déjà fragile, peuvent avoir des conséquences dramatiques pour le financement des services publics, la gestion des infrastructures et les projets de développement dans le pays.

Outre la perte des recettes douanières, la situation est également compliquée du côté de la Direction générale des impôts (DGI). Selon l’IGF, la perte des recettes fiscales atteint également 3%, ce qui s’ajoute à la détérioration générale des finances publiques en raison du contexte de guerre. Ces pertes, bien que moins importantes que celles observées du côté des douanes, ne font qu’aggraver les difficultés financières que la RDC doit déjà affronter, à savoir un fardeau de dettes élevé et des besoins de financement pour des programmes de stabilisation et de reconstruction.

L’impact économique de cette guerre va bien au-delà des pertes directes en termes de recettes fiscales. En effet, la baisse des recettes douanières a également des effets en cascade sur d’autres secteurs de l’économie, notamment l’investissement public, la création d’emplois, et les projets de développement. La perte de confiance des investisseurs, exacerbée par l’insécurité, rend également difficile l’attraction de nouveaux investissements étrangers, cruciaux pour la relance économique du pays.

De plus, la perte de contrôle sur ces zones importantes pour le commerce transfrontalier compromet les efforts de la RDC pour améliorer ses infrastructures et développer des partenariats commerciaux avec ses voisins et au-delà.

Face à cette crise, il est impératif que la RDC mette en place une réponse coordonnée pour minimiser les pertes économiques et sécuriser les zones de commerce clés. Cela nécessitera des efforts à la fois militaires, diplomatiques et économiques, afin de restaurer la paix et assurer la protection des ressources financières vitales pour le pays. L’État congolais devra également compter sur la solidarité régionale et internationale, notamment à travers les organisations multilatérales, pour faire face à ces défis sans précédent.

La communauté internationale, notamment les partenaires économiques de la RDC, doit s’engager activement à soutenir le pays non seulement en matière de sécurisation des zones économiques, mais également par la mise en place de mécanismes de financement d’urgence pour compenser partiellement ces pertes économiques.

En définitive, la guerre en RDC, alimentée par l’invasion de l’armée rwandaise et ses alliés, a des conséquences dramatiques pour les finances publiques du pays. Les pertes importantes en termes de recettes douanières et fiscales aggravent une situation déjà précaire. Il est impératif que la communauté internationale réagisse de manière urgente, en soutenant la RDC dans ses efforts pour restaurer la paix, sécuriser ses ressources et relancer son économie. Le chemin vers la stabilité financière passe indéniablement par une résolution pacifique du conflit et une mobilisation collective pour soutenir le pays dans cette épreuve.

LA REDACTION

Partager ceci :

En savoir plus sur Le Colibri Presse

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire