Nord-Kivu : Le Gouverneur militaire optimiste quant à un retrait du Rwanda grâce à l’appui international
Dans un climat toujours marqué par une extrême volatilité sécuritaire dans la région du Nord-Kivu, le Gouverneur militaire de cette province sous état de siège, a livré une déclaration aux allures d’appel à l’espoir et de fermeté stratégique. S’exprimant lors d’une rencontre avec la presse locale et les partenaires institutionnels, il a affirmé avec conviction que « la communauté internationale nous accompagne, et je pense que les Rwandais vont se retirer de notre territoire et rentrer chez eux ».
Cette sortie du numéro un militaire de la province revêt une signification particulière. Elle intervient dans un contexte où les accusations d’agression répétée du territoire congolais par les forces rwandaises et leurs supplétifs du M23 sont désormais relayées par plusieurs voix influentes sur la scène internationale, notamment les États-Unis, l’Union européenne et certains membres du Conseil de sécurité de l’ONU.
En évoquant l’appui de la communauté internationale, le gouverneur exprime implicitement une montée en puissance de la diplomatie internationale face aux incursions étrangères, jusque-là tolérées ou minimisées dans certaines sphères. Il s’agit d’un signal fort : la RDC ne se bat plus seule, mais dans une dynamique de coalition morale et politique élargie, appelant à la restauration de sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire.
Depuis 2021, la reprise des hostilités dans l’Est du pays, avec la résurgence du Mouvement du 23 mars (M23), largement dénoncé comme étant soutenu logistiquement et militairement par le Rwanda a exacerbé la fragilité de la région. Des dizaines de milliers de civils ont été déplacés, des infrastructures détruites, et de vastes zones entières sont passées sous le contrôle de groupes armés.
Face à cette situation, le gouvernement congolais a multiplié les plaintes diplomatiques, tant au sein de l’Union africaine qu’à l’ONU, tout en menant des actions militaires coordonnées avec la force de la SADC (Mission SAMIDRC) déployée depuis fin 2023. L’intervention de cette force régionale, combinée à une pression diplomatique accrue, semble aujourd’hui rééquilibrer les rapports de force sur le terrain.
La déclaration du gouverneur militaire du Nord-Kivu peut également se lire comme un message politique à l’adresse de la population, longtemps abandonnée à son sort. En affirmant publiquement croire en un retrait imminent des forces rwandaises, il cherche à redonner confiance à des communautés meurtries, tout en plaçant Kigali sous le feu des projecteurs internationaux.
Par ailleurs, le rôle joué par des facilitateurs africains de haut niveau, tels que Olusegun Obasanjo, Uhuru Kenyatta ou Catherine Samba-Panza, dans le cadre du mécanisme conjoint EAC–SADC, ainsi que la médiation conduite par Faure Gnassingbé pour l’Union africaine, contribue à créer un environnement diplomatique défavorable au statu quo.
Bien que les combats ne soient pas encore totalement arrêtés, les signaux envoyés ces dernières semaines, à travers la montée du plaidoyer international, la réaffirmation des lignes rouges par Kinshasa, et la pression exercée par les partenaires stratégiques de la RDC, laissent entrevoir une possible inflexion de la posture rwandaise.
Il reste à savoir si cette dynamique se traduira par un retrait effectif et vérifiable des troupes étrangères et de leurs alliés, ou si, une fois de plus, le processus de désescalade s’enlisera dans la realpolitik et les intérêts géostratégiques contradictoires.
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