Paix à l’Est : La RDC expose son pacte de principes avec le M23 devant l’Assemblée générale
À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, le président Félix Tshisekedi a sorti une annonce qui pourrait changer la donne dans l’Est de la RDC : « La RDC et l’AFC/M23 ont signé une déclaration de principes », a-t-il déclaré. Cette révélation s’inscrit dans le cadre des efforts diplomatiques en cours pour apaiser un conflit qui dure, souvent au prix du sang des civils.
Selon les sources médiatiques, cette déclaration de principes a été signée le 19 juillet 2025 à Doha, sous médiation qatarie, entre le gouvernement congolais et les rebelles de l’AFC/M23. Elle contient des engagements clés : un cessez-le-feu, l’interdiction des hostilités, et la recherche d’un règlement pacifique du conflit par le dialogue.
Ce texte ne serait pas un accord complet, mais plutôt un cadre de principes devant ouvrir la porte à des négociations plus larges.
Cette déclaration survient après plusieurs soubresauts sur le terrain : la chute de villes comme Goma ou Bukavu aux mains des rebelles, des violences persistantes, mais aussi une pression diplomatique accrue.
De plus, l’accord de paix signé en juin 2025 à Washington entre la RDC et le Rwanda a ouvert une brèche dans le discours diplomatique : Kigali s’engageait à retirer ses troupes, à cesser son soutien aux groupes armés comme le M23, et la RDC de son côté à garantir son autorité sur tout le territoire. La déclaration de principes avec l’AFC/M23 à Doha complète ce tableau, puisque le conflit ne peut se régler uniquement par la confrontation, mais doit aussi passer par le dialogue.
Parmi les éléments clés de la déclaration figurent :
Un cessez-le-feu immédiat ou du moins la suspension des hostilités actives,
La reconnaissance (au moins protocolaire) de la souveraineté de l’État congolais sur toutes les zones,
La coopération dans le cadre d’un mécanisme de supervision, afin de garantir que les principes ne restent pas lettre morte, mais soient effectivement appliqués.
L’AFC/M23 n’accepte pas, à ce stade, le retrait complet des zones qu’il occupe, mais propose parfois une co-administration ou des arrangements particuliers.
La mise en œuvre pratique demeure fragile : sur le terrain, les combats continuent parfois, notamment entre groupes armés loyalistes au gouvernement (comme les Wazalendo) et les rebelles, ce qui permet sur le papier de faire respecter le cessez-le-feu tout en maintenant un climat de tension.
Même si la signature d’une déclaration de principes est encourageante, la route vers la paix est semée d’embûches :
Vérification effective : qui va surveiller, contrôler, sanctionner les violations ? Le rôle de MONUSCO, de l’Union africaine ou d’autres médiateurs sera crucial.
Désarmement, démobilisation, réintégration : la traduction des engagements en actes concrets, notamment le désarmement des rebelles, le retour des déplacés, la réparation des victimes.
Confiance brisée : pour beaucoup de Congolais, les promesses de cessez-le-feu ou d’accords n’ont pas toujours été respectées. Le défi est de restaurer la crédibilité.
Influences externes : le soutien ou l’ingérence d’États voisins ou d’acteurs internationaux (soutenant souvent les rebelles) reste une source majeure d’instabilité.
À l’ONU, cette annonce permet à la RDC de justifier son engagement sur la scène internationale, de montrer qu’elle cherche la paix par tous les moyens diplomatiques, médiatiques, stratégiques. Pour Tshisekedi, c’est une pièce importante dans le puzzle de la paix à l’Est.
Politiquement, cela envoie aussi un signal à ses compatriotes : même si la situation est difficile, l’État n’abdique pas; il tente de prendre l’initiative du dialogue, sans céder sur la souveraineté.
L’annonce faite à l’Assemblée générale selon laquelle « la RDC et l’AFC/M23 ont signé une déclaration de principes » marque une étape qui pourrait être historique à condition que ce ne soit pas qu’un énième geste symbolique. Le véritable test sera dans la mise en œuvre, dans la capacité de l’État congolais, des médiateurs et de la communauté internationale à transformer les mots en réalités palpables. Si la volonté est là, le chemin reste tortueux, mais il pourrait mener à une paix durable dans l’Est tant meurtri de la RDC.
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