9 October 2026
Découverte

RDC : Un Silence Parlementaire Inquiétant Face à l’Aggravation de la Crise Sécuritaire à l’Est

  • mars 7, 2025
  • 3 min read
RDC : Un Silence Parlementaire Inquiétant Face à l’Aggravation de la Crise Sécuritaire à l’Est

Alors que la situation sécuritaire à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) ne cesse de se détériorer sous l’offensive du M23 appuyé par l’armée rwandaise, un rapport récemment publié par l’Institut de recherche Ebuteli, via son baromètre « Talatala », soulève de vives inquiétudes quant au traitement de cette question cruciale au sein du Parlement congolais.

En effet, sur 170 initiatives de contrôle parlementaire déposées entre septembre et décembre 2024, seules sept ont été examinées en plénière, et aucune d’entre elles ne concernait la crise sécuritaire qui secoue l’Est du pays. Ce constat est d’autant plus alarmant que la région est le théâtre de violations massives des droits humains, marquées par l’occupation récente de Goma le 29 janvier 2025, suivie de la chute de Bukavu le 16 février 2025.

Malgré l’urgence imposée par la situation sur le terrain, l’Assemblée nationale semble avoir détourné son attention des enjeux sécuritaires. La session parlementaire de septembre 2024, essentiellement consacrée aux questions budgétaires, n’a pas réservé une priorité particulière au suivi de la situation dans l’Est. Même lorsque le Parlement s’est réuni en congrès le 20 décembre 2024, l’ordre du jour portait sur la désignation d’un juge à la Cour constitutionnelle, reléguant ainsi au second plan l’escalade militaire et les souffrances des populations civiles.

Le rapport d’Ebuteli rappelle également qu’au cours de la précédente législature, l’Assemblée nationale avait pourtant adopté, en novembre 2022, une résolution interdisant l’intégration, le mixage ou le brassage des combattants issus des groupes armés au sein des forces de défense et de sécurité. Cette mesure visait à éviter toute légitimation du M23, qualifié officiellement de « groupe terroriste ».

Sous la pression de l’opinion publique et face aux avancées du M23, l’Assemblée nationale avait convoqué une session extraordinaire le 4 février 2025, avec pour objectif d’élaborer des stratégies diplomatiques et politiques en vue de mettre un terme à l’agression. Cependant, cette initiative s’est avérée inefficace, car seulement trois jours après sa clôture, Bukavu est tombée aux mains des forces ennemies, démontrant ainsi l’impuissance des institutions face à l’ampleur de la menace.

Ce rapport d’Ebuteli constitue un réquisitoire sévère contre la passivité institutionnelle face à une crise existentielle pour la RDC. De nombreux observateurs estiment que l’absence de débats approfondis sur la situation sécuritaire traduit une déconnexion entre les réalités du terrain et les préoccupations politiques.

En dépit de l’urgence humanitaire et de l’instabilité croissante, le silence persistant du Parlement suscite des interrogations sur la capacité des institutions à jouer pleinement leur rôle de contrôle et d’orientation politique, et à apporter des réponses concrètes à une crise qui menace l’unité et la souveraineté nationale.

LA REDACTION

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