28 May 2026
Découverte

Référendum en RDC : Aimé Boji Sangara défend la légalité du débat parlementaire face au boycott de l’opposition

  • mai 27, 2026
  • 4 min read
Référendum en RDC : Aimé Boji Sangara défend la légalité du débat parlementaire face au boycott de l’opposition

L’examen de la proposition de loi relative au référendum continue de cristalliser les tensions au sein de la classe politique congolaise. Ce mercredi 27 mai 2026, la séance plénière de l’Assemblée nationale consacrée à l’étude et à l’adoption du rapport de la Commission politique, administrative et juridique (PAJ) a été marquée par le retrait spectaculaire des députés de l’opposition, conduits par le groupe parlementaire « Ensemble ».

Au cœur des divergences figure la proposition de loi initiée par Paul Gaspard Ngondankoy, visant à fixer les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo. Alors que l’opposition soupçonne une volonté de révision constitutionnelle susceptible de favoriser un troisième mandat présidentiel, la majorité parlementaire défend, quant à elle, une démarche strictement encadrée par les dispositions constitutionnelles en vigueur.

Face aux critiques formulées dans l’hémicycle, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a tenu à clarifier la portée des travaux parlementaires en cours. Réagissant à l’intervention du député Christian Mwando Nsimba avant le départ des élus de l’opposition, il a rejeté toute interprétation laissant croire que les députés étaient en train d’organiser un référendum au sein de la chambre basse.

« Vous êtes un parlementaire chevronné, et personne ici n’organise le référendum. Nous sommes ici en train d’exercer notre prérogative de légiférer. Il ne faut donc pas chercher à induire en erreur les Congolaises et les Congolais qui nous suivent, en donnant l’impression que nous sommes en train d’organiser un référendum dans cette salle », a déclaré Aimé Boji Sangara.

Par ailleurs, le président de l’Assemblée nationale a insisté sur le fait que le texte actuellement débattu vise essentiellement à combler un vide juridique en définissant le cadre légal permettant l’organisation du référendum en RDC. Selon lui, cette initiative s’inscrit dans le respect des mécanismes démocratiques prévus par la Constitution.

Dans la même logique, Aimé Boji Sangara a estimé que chaque groupe politique reste libre de participer ou non aux travaux parlementaires, tout en affirmant que la majorité entend poursuivre les débats « en toute sérénité ».

« L’objet du texte examiné aujourd’hui est de doter la République d’un cadre légal permettant à notre population, souverain primaire, de s’exprimer sur des questions importantes de la vie nationale. Si l’opposition ne veut pas que le peuple s’exprime, elle est libre de quitter la plénière mais nous, quant à nous, pensons que la Constitution, en prévoyant cette disposition, l’a fait précisément pour permettre au souverain primaire de s’exprimer sur les grandes questions nationales. C’est donc en toute sérénité que nous allons poursuivre nos travaux », a-t-il ajouté.

Cependant, du côté de l’opposition, le contexte sécuritaire demeure au centre des préoccupations. Les députés ayant quitté la plénière dénoncent l’examen d’un texte jugé inopportun alors que l’Est de la RDC continue de faire face à une situation sécuritaire particulièrement préoccupante. Les élus du groupe « Ensemble » évoquent notamment la persistance des violences armées ainsi que l’occupation de certaines localités par les rebelles de l’AFC/M23, soutenus, selon Kinshasa, par le Rwanda.

Cette nouvelle confrontation parlementaire intervient dans un climat politique déjà fortement polarisé autour des questions constitutionnelles. Depuis le dépôt de cette proposition de loi en décembre 2024, plusieurs voix de l’opposition et de la société civile expriment leurs inquiétudes quant à une éventuelle modification de la Constitution pouvant redéfinir les équilibres institutionnels actuels.

Pour sa part, l’auteur du texte, Paul Gaspard Ngondankoy, soutient que sa démarche vise uniquement à adapter la législation congolaise aux exigences de la Constitution en matière de référendum populaire. Le texte avait d’ailleurs été déclaré recevable par l’Assemblée nationale avant d’être transmis à la Commission PAJ pour examen approfondi.

Au-delà du débat juridique, cette séquence politique met en lumière les profondes fractures qui traversent actuellement le paysage politique congolais. Entre revendications démocratiques, soupçons de révision constitutionnelle et préoccupations sécuritaires, le dossier du référendum apparaît désormais comme un sujet hautement sensible susceptible d’alimenter davantage les tensions entre majorité et opposition dans les mois à venir.

LA REDACTION

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