10 October 2026
Politique

Crise humanitaire en RDC : Médecins Sans Frontières dénonce les entraves persistantes dans l’Est du pays

  • février 25, 2025
  • 4 min read
Crise humanitaire en RDC : Médecins Sans Frontières dénonce les entraves persistantes dans l’Est du pays

Dans un climat marqué par une dégradation continue de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), l’Organisation non gouvernementale internationale Médecins Sans Frontières (MSF) a exprimé, ce lundi à Kinshasa, sa profonde préoccupation face aux entraves répétées aux interventions humanitaires. Lors d’un échange avec Jacquemain SHABANI, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, le représentant pays de MSF, Emmanuel LAMPAERT, a dénoncé des actes portant gravement atteinte aux principes fondamentaux de l’assistance humanitaire.

« Ce qui s’est passé ce week-end, les différentes entraves à l’action humanitaire, au respect des structures et du personnel médico-humanitaire sont et restent intolérables », a-t-il déclaré avec fermeté, soulignant l’urgence d’une intervention pour garantir la sécurité des acteurs humanitaires et la continuité de l’aide aux populations affectées.

Cette déclaration intervient alors que l’Est de la RDC est en proie à une escalade des violences attribuées aux incursions répétées du Mouvement du 23 mars (M23), soutenu selon plusieurs rapports des Nations unies, par le Rwanda. Les affrontements intensifiés dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri exacerbent la situation humanitaire déjà critique, laissant des milliers de civils en détresse et limitant l’accès aux soins vitaux.

Dans ce cadre, les acteurs humanitaires se heurtent à de nombreux obstacles, parmi lesquels des blocages administratifs, des menaces sécuritaires directes, et l’absence de garanties pour protéger les structures médicales. Ces entraves mettent en péril la mission essentielle des organisations comme MSF, dont la vocation est de fournir une assistance médicale d’urgence aux populations les plus vulnérables, sans distinction ni ingérence politique.

Le Nord-Kivu figure parmi les épicentres de la crise humanitaire en RDC, où les besoins en soins médicaux et en assistance d’urgence ne cessent de croître. D’après les estimations de l’OCHA (Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU), plus de 7 millions de personnes sont actuellement déplacées internes à travers le pays, un chiffre en augmentation constante en raison des conflits armés et des violences communautaires.

Les entraves logistiques et les restrictions d’accès empêchent les équipes humanitaires de déployer efficacement leurs interventions, mettant ainsi en péril la vie de milliers de patients nécessitant des soins immédiats. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les infrastructures sanitaires sont souvent ciblées ou détruites, accentuant l’effondrement du système de santé local.

Face à ce contexte alarmant, Emmanuel LAMPAERT a exhorté les autorités congolaises à prendre des mesures concrètes pour assurer la protection des personnels médico-humanitaires et garantir l’accès sans restriction aux zones de conflit. Le vice-Premier ministre Jacquemain SHABANI, conscient de la gravité de la situation, a affirmé la volonté du gouvernement de collaborer étroitement avec les partenaires humanitaires pour lever ces blocages et rétablir un cadre sécurisé pour l’assistance aux populations.

Dans un registre similaire, la Communauté internationale, notamment l’Union européenne et l’ONU, a multiplié les appels au respect du droit international humanitaire, rappelant que toute entrave à l’action humanitaire constitue une violation grave pouvant engager la responsabilité des parties impliquées.

En dépit des défis sécuritaires majeurs, Médecins Sans Frontières réaffirme son engagement à poursuivre ses opérations en RDC, tout en appelant à une mobilisation urgente pour garantir un environnement où l’accès humanitaire est préservé et où les structures médicales demeurent inviolables.

La persistance des obstructions et des violations humanitaires pourrait, si elle n’est pas jugulée, aggraver davantage la crise en cours et compromettre les efforts visant à soulager les souffrances des populations civiles déjà éprouvées par des décennies de conflit armé.

LA REDACTION

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