Heurts à Mbanza-Ngungu : Confusion religieuse, tensions sociales et mise au point du BDK
Une vive tension a secoué, ce lundi 26 mai 2025, la ville de Mbanza-Ngungu, dans la province du Kongo Central, où des heurts ont éclaté entre les forces de l’ordre et des individus identifiés comme membres d’un groupe religieux non officiellement reconnu. Ces affrontements ont déclenché un climat d’incompréhension au sein de la population, d’autant plus qu’ils ont rapidement été associés, à tort, au mouvement politico-religieux Bundu Dia Kongo (BDK).
Tout est parti de l’interpellation, par les forces de sécurité, d’un groupe d’individus vêtus de soutanes blanches et marchant pieds nus dans les rues de la ville. Cette apparition inédite a suscité une vive curiosité mêlée d’appréhension chez les habitants, ce qui a rapidement motivé l’intervention musclée des services de l’ordre, craignant un trouble à la tranquillité publique. Cependant, les circonstances précises ayant conduit à la confrontation n’ont pas encore été éclaircies, laissant place à de nombreuses spéculations.
Dans un contexte de forte confusion, le mouvement BDK, souvent pointé du doigt dans ce type de situation, a rapidement réagi pour se dissocier de toute implication dans ces événements. Par la voix de son président territorial à Mbanza-Ngungu, Bienvenu-Doudou Lukwama, le mouvement a tenu à rappeler : « Les personnes impliquées dans ces échauffourées ne sont pas des adeptes de Bundu Dia Kongo dirigé par Ne Mwanda Nsemi. Il s’agirait plutôt de membres d’un autre groupe issu de l’Église des Noirs ».
Cette mise au point vise non seulement à protéger l’image du BDK, régulièrement stigmatisé dans l’espace public, mais aussi à éviter l’amalgame entre mouvements religieux ayant des idéologies distinctes. Il est à rappeler que Bundu Dia Kongo, bien que controversé par le passé, s’est engagé ces dernières années à opérer dans le strict respect de la légalité et des lois en vigueur.
À l’heure actuelle, les autorités provinciales n’ont pas encore publié de communiqué officiel pour éclairer l’opinion sur les faits. Ce silence prolongé pourrait, s’il perdure, alimenter les tensions et favoriser la prolifération des fausses rumeurs dans une ville déjà marquée par une mémoire historique complexe en matière de mouvements messianiques et indépendantistes.
Il convient de rappeler que le Kongo Central, et particulièrement Mbanza-Ngungu, constitue un terreau sensible pour les revendications spirituelles et identitaires enracinées dans les traditions kongo. De nombreux groupes religieux marginaux y ont vu le jour, souvent portés par une quête de justice sociale, d’autonomie culturelle, et de libération spirituelle. Cela explique en partie l’extrême vigilance avec laquelle les autorités gèrent toute manifestation religieuse sortant des cadres institutionnels.
Face à cette montée en tension, certains analystes plaident pour une réforme plus claire du cadre juridique encadrant les confessions religieuses non conventionnelles, afin d’éviter les dérives sectaires tout en préservant la liberté de culte. L’intervention du ministère de l’Intérieur ou du ministère en charge des affaires religieuses pourrait, dans les prochains jours, jeter davantage de lumière sur les responsabilités et les mesures correctives à envisager.
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