Kinshasa : L’Assemblée provinciale dément les accusations d’augmentation des émoluments des députés
Une vive controverse secoue l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK), opposant le Bureau de l’institution à une frange du personnel administratif. Au cœur du litige, des accusations d’augmentation abusive des émoluments des députés provinciaux au détriment des agents administratifs. Face à cette situation, le Bureau de l’APK a vigoureusement réfuté ces allégations, qualifiant les accusations de « calomnieuses et diffamatoires ».
Dans un communiqué de presse publié le 20 mars, le rapporteur de l’APK, André WONGOLO NKONGOLO, a dénoncé une tentative de manipulation orchestrée par des individus de « mauvaise foi » visant à ternir l’image de l’institution. Selon lui, les accusations portées par un « petit groupe » d’agents administratifs relèvent d’une campagne de désinformation visant à discréditer le Bureau.
Ces agents affirment que les députés provinciaux auraient vu leurs émoluments doublés, une décision qui contreviendrait aux mesures d’austérité prônées par le président Félix TSHISEKEDI, soucieux de réduire le train de vie des institutions. Ils dénoncent également l’accaparement total de la dotation budgétaire 2025 par le Bureau de l’APK, les laissant sans revalorisation salariale ni avantages conséquents.
Face à cette fronde, le Bureau de l’Assemblée provinciale réaffirme sa bonne foi et sa transparence dans la gestion des finances de l’institution. Il souligne que des efforts notables ont été consentis en faveur du personnel administratif, notamment à travers :
- Une revalorisation salariale conséquente, bien que les montants exacts n’aient pas été précisés ;
- Une couverture médicale élargie, incluant les familles des agents ;
- Des engagements pour l’amélioration des conditions de travail, malgré des contraintes budgétaires.
Pour l’APK, ces mesures témoignent d’une volonté de garantir le bien-être des agents administratifs, contrairement aux accusations véhiculées par certaines sources.
Malgré les explications du Bureau, le mécontentement ne faiblit pas. Les agents administratifs, accusant l’Assemblée de les reléguer au second plan, réclament le paiement de leurs arriérés de salaire, qui s’accumulent depuis plus de trois mois. En guise de protestation, ils menacent de boycotter la rentrée parlementaire du 31 mars et d’intensifier leur mobilisation à travers des actions de revendication plus marquées.
Une source proche du Bureau de l’APK balaie ces accusations, les qualifiant de « fausses et infondées », affirmant que l’Assemblée provinciale fonctionne dans le strict respect des dispositions budgétaires en vigueur.
Ce bras de fer met en lumière une crise de confiance croissante entre l’organe délibérant de Kinshasa et son personnel administratif. Si les explications du Bureau ne suffisent pas à apaiser les tensions, cette affaire pourrait fragiliser davantage l’APK, alors même qu’elle s’apprête à entamer une nouvelle session parlementaire.
Dans un contexte où les finances publiques et la gouvernance des institutions restent des sujets hautement sensibles, ce différend illustre les difficultés rencontrées dans la répartition équitable des ressources budgétaires et le respect des engagements sociaux. Reste à savoir si une médiation sera envisagée pour éviter une paralysie institutionnelle.
LA REDACTION
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