Kinshasa : Le Gouvernement Invite Mgr NSHOLE à Justifier les Accusations de Stigmatisation des Swahiliphones
Un nouvel épisode de tension s’installe entre le Gouvernement de la République Démocratique du Congo et la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) à la suite d’un communiqué publié le samedi 22 février 2025. Dans ce document officiel, les évêques catholiques exprimaient leur inquiétude croissante face à une prétendue chasse et stigmatisation visant les Swahiliphones à Kinshasa et dans d’autres régions du pays. Une situation que les autorités congolaises rejettent catégoriquement, appelant désormais la hiérarchie ecclésiastique à fournir des preuves concrètes.
Dans une correspondance officielle adressée à Mgr Donatien Nshole, Secrétaire Général de la CENCO, le Gouvernement exige que soient apportés des éléments probants pour soutenir ces accusations. Les autorités précisent : « Je vous prie de bien vouloir apporter toutes les preuves nécessaires pour étayer vos allégations, notamment les lieux, les noms des personnes victimes et leurs adresses. » Cette invitation formelle s’inscrit dans une volonté manifeste de confronter les déclarations publiques des évêques à la réalité des faits.
Le communiqué de la CENCO a suscité de vives réactions au sein de l’opinion publique et de la classe politique. Les évêques dénoncent un climat délétère marqué par des violences verbales et physiques ciblant les locuteurs de la langue swahili, en raison des préjugés associant cette communauté aux tensions sécuritaires dans l’Est du pays. Pour l’Église catholique, cette situation, si elle perdure, pourrait exacerber les divisions ethniques et saper l’unité nationale.
Toutefois, du côté de l’Exécutif, ces affirmations sont catégoriquement rejetées. Les autorités estiment que de telles accusations, non étayées, risquent de saper la cohésion nationale et d’attiser des tensions communautaires dans un contexte où le pays fait déjà face à des défis sécuritaires majeurs. Cette posture justifie l’exigence d’éléments concrets pouvant corroborer les prétendues persécutions dénoncées par la CENCO.Dans un souci d’apaisement, le Gouvernement a convié Mgr Donatien Nshole à une séance de travail dont l’objectif est de clarifier ces allégations et d’examiner les preuves susceptibles d’appuyer les dires des prélats. Cette démarche traduit la volonté de l’Exécutif de maintenir un dialogue ouvert avec l’Église catholique, acteur majeur du paysage sociopolitique congolais, tout en préservant l’image institutionnelle du pays sur les questions liées aux droits fondamentaux.
De son côté, la CENCO n’a pas encore officiellement réagi à cette invitation. Cependant, plusieurs observateurs estiment que cette rencontre pourrait constituer une étape décisive pour désamorcer les tensions et préserver l’unité nationale, dans un climat déjà fragilisé par les violences récurrentes dans l’Est de la RDC et les luttes politiques internes.
Au-delà de cette controverse, cette affaire révèle les fractures profondes au sein de la société congolaise, où les identités linguistiques et régionales continuent d’influencer les dynamiques politiques et sociales. Si la CENCO affirme jouer son rôle prophétique en dénonçant les injustices, le Gouvernement, lui, insiste sur la nécessité de ne pas propager des allégations sans fondement qui pourraient fragiliser la coexistence pacifique.
Dans l’attente de cette rencontre entre l’Exécutif et la CENCO, l’opinion publique reste suspendue aux développements de ce bras de fer institutionnel qui pourrait, à terme, redéfinir les relations entre l’État et l’Église dans un pays en quête de stabilité.
LA REDACTION
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