Le Président burundais Évariste NDAYISHIMIYE alerte sur les menaces régionales et réaffirme son soutien à la paix en RDC
Dans un entretien exclusif accordé à la chaîne France 24, le président de la République du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a tenu des propos d’une rare clarté au sujet de la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs. À travers une prise de parole ferme, le chef d’État burundais a exprimé ses préoccupations concernant la guerre persistante en République démocratique du Congo (RDC), tout en mettant en cause la sincérité de son homologue rwandais, Paul Kagame.
Tout d’abord, Évariste Ndayishimiye a tenu à saluer les efforts déployés par certains acteurs internationaux, notamment le Qatar et les États-Unis, pour favoriser un règlement pacifique du conflit en RDC. Selon lui, ces initiatives méritent d’être appuyées et renforcées dans la mesure où elles visent à restaurer une stabilité régionale longtemps compromise. À cet égard, il a exprimé un souhait fort : « Nous espérons que la paix sera enfin retrouvée en RDC. » Ce message traduit la volonté du Burundi de s’aligner sur une dynamique diplomatique constructive.
Cependant, cette volonté de paix ne dissimule pas l’inquiétude croissante du président burundais face à ce qu’il considère comme une menace directe provenant du Rwanda. Dans une déclaration sans équivoque, Évariste Ndayishimiye affirme : « On ne peut pas être plus clair ! Le Président Paul Kagame promet toujours mais il ne tient jamais à ses promesses ! » Cette phrase souligne une rupture manifeste de confiance entre les deux dirigeants, que le président burundais justifie par une série d’engagements non tenus de la part de Kigali. Il poursuit : « La confiance, ça se mérite. On ne peut pas avoir confiance au Président Kagame. » Ces propos traduisent un climat de tension diplomatique et une suspicion grandissante quant aux intentions du Rwanda dans la région.
Dans le même entretien, le chef de l’État burundais a confirmé le maintien de ses forces armées sur le territoire congolais. Cette présence, selon lui, s’inscrit dans le cadre d’un appui militaire visant à contenir les groupes armés qui déstabilisent l’Est de la RDC. Toutefois, cette décision soulève des interrogations quant à la souveraineté nationale congolaise et à la pérennité d’une solution strictement militaire au conflit. Néanmoins, pour Ndayishimiye, la sécurité du Burundi passe aussi par une implication directe dans les dynamiques régionales.
En définitive, les déclarations du président burundais témoignent d’une situation géopolitique régionale marquée par la méfiance, les alliances fluctuantes et la difficulté à construire une paix durable. Si les efforts diplomatiques se multiplient, la fragilité des relations interétatiques, en particulier entre le Burundi et le Rwanda, continue de peser sur les perspectives de stabilité. Il apparaît désormais urgent de repenser les mécanismes de dialogue régional en y intégrant de nouvelles garanties de confiance, de transparence et de coopération mutuelle.
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