Rencontre Kabila – AFC/M23 : Le temps des révélations. Félix TSHISEKEDI avait vu juste…
Ce qui relevait autrefois du soupçon, de l’insinuation ou de la stratégie d’alerte présidentielle, s’impose désormais comme une vérité manifeste : Joseph KABILA KABANGE, ancien président de la République, vient d’apparaître au grand jour dans l’orbite de l’AFC/M23. La rencontre tenue récemment entre la coordination de ce mouvement politico-militaire et l’ancien chef de l’État n’est pas seulement un signal politique, c’est une validation éclatante des accusations portées depuis longtemps par son successeur, le président Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO.
En effet, fidèle à ses mises en garde lancées à plusieurs reprises au sommet de l’État comme dans les forums diplomatiques, le Président Tshisekedi a récemment déclaré avec gravité :
« l’AFC/M23 de Nangaa, c’est mon prédécesseur Joseph KABILA ». Cette phrase, loin d’être anodine, s’inscrit dans la continuité d’une rhétorique de vérité qu’il défendait déjà lorsque certains observateurs doutaient encore de la réalité des connivences politiques derrière les violences de l’Est.
Aujourd’hui, la mise en lumière de cette relation entre Joseph KABILA et les cadres de l’AFC/M23, un mouvement associé au groupe armé M23 soutenu par le Rwanda, ne laisse plus place à l’ambiguïté. Corneille Nangaa, ancien président de la CENI et fondateur de l’AFC, avait déjà semé la polémique par son rapprochement avec des acteurs de la rébellion, mais l’adhésion de KABILA à cette dynamique change la donne. Elle dresse un tableau où les luttes d’influence internes semblent croiser dangereusement les conflits armés, au détriment de la paix nationale.
Par ailleurs, cette rencontre ravive une question fondamentale : l’ancien président, retiré officiellement du pouvoir depuis janvier 2019, a-t-il réellement renoncé à toute ambition politique, ou manœuvre-t-il dans l’ombre pour conserver des leviers d’influence en instrumentalisant des foyers de tension armée ?
Les avertissements répétés du président TSHISEKEDI prennent aujourd’hui la forme d’un avertissement devenu réalité. Depuis plusieurs mois, il alertait l’opinion nationale et internationale sur la main invisible de l’ancien régime dans les troubles de l’Est. Si certains y voyaient alors une surenchère politique, force est de constater que les événements actuels lui donnent raison.
À l’échelle géopolitique, cette révélation reconfigure les rapports de force dans la région des Grands Lacs. Alors que les États-Unis, la France et plusieurs partenaires bilatéraux appellent à une solution politique négociée à la crise de l’Est, le soutien, même tacite, d’un ancien chef d’État à un mouvement armé soulève une problématique de légitimité et de responsabilité historique.
Dans ce climat, Kinshasa pourrait accentuer sa pression diplomatique et judiciaire, notamment en sollicitant des enquêtes internationales ou en élargissant ses dispositifs nationaux de répression contre les complices internes des groupes armés.
Ce que le Chef de l’État décrivait hier comme un péril rampant est devenu aujourd’hui un danger dévoilé. Le peuple congolais et la communauté internationale sont désormais placés devant une évidence : il ne s’agit plus simplement de combattre des rébellions, mais de démanteler des réseaux de pouvoir camouflés derrière le chaos.
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