16 January 2026
Découverte

Réouverture de l’aéroport de Goma : « Ce n’est ni l’agitation du père, … encore moins celle du fils » : Message fort du gouvernement sur l’aéroport de Goma

  • octobre 31, 2025
  • 4 min read
Réouverture de l’aéroport de Goma : « Ce n’est ni l’agitation du père, … encore moins celle du fils » : Message fort du gouvernement sur l’aéroport de Goma

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a requis une ligne claire et ferme quant à la réouverture de l’aéroport de Goma : celle-ci « se fera uniquement sur autorisation des autorités congolaises et uniquement pour des vols humanitaires qui seront effectués en journée. », a déclaré le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya Katembwe.

D’emblée, ce communiqué traduit une volonté de la capitale de reprendre le contrôle de cet accès stratégique dans l’Est du pays, notamment dans un contexte où les voies d’acheminement de l’aide, les évacuations médicales et la logistique humanitaire sont fortement perturbées. En effet, selon l’agence United Nations, l’aéroport de Goma constitue « une ligne de vie » pour les populations de la région, et son état de fermeture aggrave l’urgence humanitaire.

Par ailleurs, Muyaya a adressé un message sans équivoque aux acteurs extérieurs, en précisant : « Ce n’est ni l’agitation du père, le Rwanda encore moins celle du fils, le M23 qui remettra en cause l’engagement de ceux qui, aux côtés du Président Tshisekedi, d’Emmanuel Macron et de Faure Gnassingbé se sont mobilisés aujourd’hui à Paris pour des millions de femmes et des enfants qui ploient quotidiennement sous le joug des agresseurs et de leurs supplétifs. » Cette tirade forte vise à stopper toute tentative de marchandage ou d’ingérence non autorisée dans l’accès humanitaire et la gestion de l’aéroport.

En effet, le ministre poursuivait que « vouloir marchander ou s’opposer à une intervention humanitaire urgente en faveur de nos compatriotes est non seulement un déni mais aussi une autre preuve de la barbarie et du cynisme de ceux qui gouvernent par crimes. » En d’autres termes, l’État congolais revendique sa souveraineté, mais aussi sa capacité à protéger les populations vulnérables et à exiger le respect des normes humanitaires.

De plus, Patrick Muyaya a évoqué que « dans ce qui se fera, nos compatriotes déplacés au Burundi pourront aussi recevoir de l’aide via l’aéroport de Bujumbura. » Ce passage suggère que la RDC anticipe des corridors alternatifs pour acheminer l’aide et montre sa capacité à mobiliser des solutions transfrontalières si l’accès direct via Goma reste bloqué.

La posture du gouvernement congolais s’inscrit également dans un contexte de tensions accrues dans l’Est du pays. Le M23 (Mouvement du 23 mars) et ses affrontements avec l’armée sont à l’origine de la fermeture de facto de l’aéroport de Goma, les rebelles ayant, selon certaines sources, déclaré l’espace aérien « fermé ».  Dès lors, la RDC rappelle que toute réouverture ne se fera pas sous influence d’acteurs armés ou de calculs politiques, mais dans un cadre strictement humanitaire et diurne.

L’engagement annoncé doit désormais se traduire sur le terrain. Il faudra :

Que les autorités congolaises définissent clairement les vols humanitaires autorisés, avec des garanties de sécurité et de contrôle.

Que l’aéroport de Goma soit évalué pour sa capacité opérationnelle (piste, contrôle aérien, sécurisation) afin d’éviter tout risque pour les avions d’aide. Des rapports antérieurs ont mentionné « des dommages à la piste et des explosifs non détonés ».

Que soient mises en place des conditions de transparence pour éviter toute instrumentalisation de l’outil aérien à des fins politiques ou militaires.

Que les acteurs humanitaires, l’État et la communauté internationale coordonnent un plan d’accès sécurisé aux populations dans l’Est.

En conclusion, la déclaration du ministre Muyaya marque un moment clé dans la gestion de la crise humanitaire dans l’Est de la RDC : l’aéroport de Goma redevient un enjeu de souveraineté et d’humanité. Il reste à voir si la promesse sera tenue, si les corridors étaient réellement ouverts et si les populations pourraient enfin respirer un peu plus libres. La balle est dans le camp de Kinshasa et de ses partenaires pour faire de cet accès un instrument de vie plutôt qu’un symbole de blocage.

LA RÉDACTION

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