29 April 2026
Politique

Félix TSHISEKEDI et les confessions religieuses unis pour une paix durable en RDC

  • février 4, 2025
  • 4 min read
Félix TSHISEKEDI et les confessions religieuses unis pour une paix durable en RDC

Dans un contexte de tensions exacerbées par la recrudescence des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), le Président Félix Tshisekedi a reçu, ce lundi à la Cité de l’Union africaine, une délégation de haut rang composée des représentants de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC). Conduite par le Cardinal Fridolin Ambongo, cette délégation est venue soumettre au chef de l’État un plan de sortie de crise, fruit de la réflexion des principales confessions religieuses du pays.

Depuis plusieurs années, l’Église congolaise joue un rôle central dans la médiation des crises politiques et sécuritaires qui secouent le pays. Cette initiative s’inscrit dans cette dynamique, avec pour ambition de proposer une alternative viable à l’escalade des conflits armés dans les provinces de l’Est. « Les deux Églises ont pris l’initiative de concevoir ce projet de sortie de crise que nous avons présenté ce jour au Chef de l’État. Il l’a reçu avec beaucoup d’attention, il l’a beaucoup apprécié et nous a encouragés. C’est un projet louable », a déclaré Monseigneur Donatien Nshole, porte-parole de la CENCO, à l’issue de la rencontre.

Si aucun détail concret n’a encore été révélé sur le contenu de ce projet, il est indéniable que cette proposition cherche à conjuguer diplomatie, dialogue intercommunautaire et renforcement de la cohésion nationale pour mettre un terme à la guerre qui ravage la région du Nord-Kivu et d’Ituri.

Face à cette initiative, Félix Tshisekedi a salué l’engagement des leaders religieux et appelé à une unité nationale pour faire face aux défis sécuritaires. « La cohésion nationale et la compréhension commune des défis qui pèsent sur le destin de la RDC », aurait-il déclaré à ses interlocuteurs, conscient que la division interne ne ferait que fragiliser davantage la riposte gouvernementale face aux groupes armés.

Cette déclaration s’inscrit dans une logique plus large de consolidation du front interne face aux agressions répétées du M23 et à l’instabilité persistante dans l’Est. Elle traduit également la volonté du chef de l’État de mobiliser toutes les forces vives du pays, y compris les acteurs religieux, pour une approche concertée de sortie de crise.

À l’issue de cette audience, le Cardinal Fridolin Ambongo a tenu à adresser un message d’espoir aux populations meurtries de l’Est du pays. « Vous n’êtes pas seuls, vous êtes toujours au cœur de nos prières, de nos préoccupations, dans l’espérance de la foi et de nos convictions religieuses. Nous prenons notre responsabilité pour voir comment trouver ensemble une solution », a-t-il affirmé.

Ces paroles résonnent comme un engagement fort des Églises congolaises à ne pas se limiter à des déclarations, mais à œuvrer activement pour un règlement pacifique du conflit. Cette posture est d’autant plus significative que le clergé a, par le passé, souvent joué un rôle de médiateur dans les crises politiques et sécuritaires du pays.

Si cette initiative est accueillie avec intérêt par les autorités, la résolution de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC reste un défi majeur. En effet, le conflit dépasse largement le cadre national, impliquant des acteurs régionaux et internationaux aux intérêts divergents. Le rôle du Rwanda, régulièrement accusé par Kinshasa de soutenir le M23, reste une question sensible qui devra être abordée avec fermeté dans toute négociation.

Par ailleurs, la situation humanitaire dans les provinces de l’Est demeure alarmante, avec des centaines de milliers de déplacés et des violations massives des droits humains. Dans ce contexte, l’appel à la cohésion nationale et aux efforts diplomatiques devra s’accompagner de mesures concrètes sur le terrain, notamment le renforcement des capacités de l’armée et l’amélioration de la protection des populations civiles.

L’initiative portée par la CENCO et l’ECC constitue une étape importante dans la recherche d’une paix durable, mais ne saurait à elle seule résoudre un conflit aussi complexe. L’engagement du gouvernement congolais, le soutien de la communauté internationale et une approche militaire renforcée seront des éléments indispensables pour compléter cette démarche.

La balle est désormais dans le camp des décideurs politiques, qui devront transformer ces discussions en actions concrètes, sous peine de voir le cycle infernal des violences se perpétuer dans l’Est du pays.

LA REDACTION

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