Phénomène Mobondo : Jean-Pierre BEMBA pointe du doigt Joseph Kabila pour les violences interethniques au Bandundu
Lors d’une récente déclaration à Bandundu, chef-lieu de la province du Kwilu, le vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Jean-Pierre Bemba, a formulé de graves accusations à l’encontre de l’ancien président Joseph Kabila. Selon Bemba, Kabila serait le principal instigateur des violences interethniques connues sous le nom de « phénomène Mobondo ».
Jean-Pierre Bemba a souligné que, durant son mandat en tant que ministre de la Défense, des individus impliqués dans ces violences avaient été arrêtés et interrogés. Selon lui, ces personnes auraient avoué et cité nommément l’ancien président comme étant derrière ces troubles. Bemba a déclaré : « Depuis que je connais le Grand Bandundu, je n’ai jamais appris que deux tribus qui se côtoient s’entretuent. J’étais ministre de la Défense, nous avions arrêté ces gens-là et les avions interrogés. Ils ont tout avoué et cité le nom de l’ancien président de la RDC. C’est Joseph Kabila qui est derrière tout ça. Il l’a fait dans le but de déstabiliser Kinshasa ».
Le phénomène Mobondo, apparu en 2022, se caractérise par des affrontements violents entre les communautés Teke et Yaka, principalement dans les provinces du Kwilu et du Mai-Ndombe. Ces conflits, initialement liés à des litiges fonciers, ont entraîné des pertes humaines et matérielles considérables, perturbant la stabilité de la région.
La société civile de Bandundu a également exprimé ses préoccupations face à la persistance de ces violences. Dans une correspondance datée du 3 janvier 2024, le président de cette structure a exhorté le gouvernement à assumer ses responsabilités pour assurer la sécurité des populations affectées par les actions de la milice Mobondo. Il a notamment dénoncé une « forte complicité » et jugé « inconcevable » qu’un groupe de personnes puisse prendre en otage toute une population au vu et au su de tout le monde. Cette situation a également eu des répercussions économiques, rendant rares les produits de première nécessité en raison de l’insécurité entravant les approvisionnements depuis Kinshasa.
Les accusations de Jean-Pierre Bemba interviennent dans un contexte politique tendu en République démocratique du Congo. Jusqu’à présent, Joseph Kabila n’a pas réagi publiquement à ces accusations. Les observateurs attendent de voir quelles seront les répercussions politiques de ces déclarations et si elles conduiront à des enquêtes approfondies pour faire la lumière sur les origines du phénomène Mobondo.
LA REDACTION
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